Ressources utiles pour les Artistes-Auteur·ices

En attendant de vous proposer une FAQ ici (Foire aux Questions en cours d'élaboration), pour répondre aux questions récurrentes des artistes-auteur·ices (et être incollables face aux administrations), on vous laisse ces liens utiles.

Sources Sécurité Sociale des Artistes-Auteurs

Le site de la Sécurité Sociale des Artistes-Auteurs proposent pleins de ressources utiles et de GUIDES en ligne traitant de sujets spécifiques à notre régime :
• GUIDE « Début d’activité »
• GUIDE « Retraite de base »
• GUIDE « Aides en cas de faibles revenus »
• AFFICHE « Les principes du régime social des artistes auteurs »
💬 le FORUM

Salariat déguisé !

Des artistes-auteur·ices peuvent être amené·es — sans le savoir ou en sous la contrainte de pressions économiques — à réaliser des missions pour un·e diffuseur·se (éditeur, centre d’art, agence de publicité, institution culturelle, etc.) dans des conditions qui devraient relever du salariat.
Exercer dans un rapport de subordination tout en facturant en tant qu’artiste-auteur·ice constitue une situation illégale. Dans ce cadre, l’artiste ne peut pas bénéficier des protections prévues par le code du travail.
Les situations de salariat déguisé traduisent souvent des rapports de pouvoir déséquilibrés et instaurent une dépendance de l’artiste à l’égard du commanditaire. La requalification en salariat déguisé au Prudhomme peut entraîner de lourdes sanctions juridiques pour le diffuseur/employeur concerné.

Face à ces situations de salariat déguisé, vous n'êtes pas seul·e. Contacter la permanence juridique de l’union locale ou départementale CGT de votre coin ou vous pouvez écrire ou rencontrer votre section régionale SNAP-CGT.

C’est notre organisation collective qui fera reculer ces pratiques!

Le salariat déguisé chez les artistes-auteur·ices?

Le salariat déguisé se manifeste quand un·e artiste-auteur travaille dans des conditions similaires à celles d’un·e salarié·e, tout en conservant en apparence son statut d'indépendant·e.

Par définition, l’artiste-auteur·ice conserve normalement la maîtrise de son organisation, choisit ses commanditaires, fixe ses tarifs et demeure autonome dans l’exécution de ses missions.

À l’opposé, un·e salarié·e est lié·e par un contrat de travail soumis au Code du travail et à une convention collective, avec des protections spécifiques. L’employeur doit assurer la sécurité et la santé physique et mentale de ses salarié·es.
Chez les artistes-auteur·ices, ces garanties n’existent pas : seul le droit commercial régit les contrats, et le droit d’auteur protège les œuvres, pas les conditions de travail.

C’est quoi le lien de subordination?

La Cour de cassation définit le lien de subordination entre un·e salarié et l’employeur·se comme l’exécution d’un travail sous l’autorité d’un·e donneur·se d’ordre, qui peut donner des directives, contrôler leur exécution et sanctionner les manquements. Ce lien établi, la relation d’un contrat artiste auteur·ice tombe, au profit d’une relation salariée.

« Le lien de subordination est caractérisé par l’exécution d’un travail sous l’autorité de l’employeur qui a le pouvoir de donner des ordres et des directives, d’en contrôler l’exécution et de sanctionner les manquements de son subordonné. Le travail au sein d’un service organisé peut constituer un indice du lien de subordination lorsque l’employeur détermine unilatéralement les conditions d’exécution du travail »
(Cass. Soc. 13 novembre 1996, n° 94-13187 / https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007035180/)

Pourquoi certaines entreprises recourent-elles à ce procédé?

Certaines structures recourent à des artistes-auteur·ices alors que les prestations devraient en réalité relever du salariat. Cela permet entre autres d’éviter le paiement des cotisations sociales et de ne pas avoir les contraintes du droit du travail. Les cotisations employeurs sont autour de 30% du salaire brut, alors que pour les diffuseurs, les cotisations sont à la hauteur de 1,1% !
Cela constitue un contournement des droits sociaux et expose les artistes-auteur·ices à la précarité tout en les privant des protections liées au statut de salarié.

Comment repérer le salariat déguisé?

A. Critère économique

Le commanditaire est quasi exclusif, monopolise votre temps ou vous empêche de diversifier vos clients.

B. Critère juridique

Perte d’autonomie via :
• des horaires imposés ;
• des demandes sur la création du diffuseur ;
• de travailler dans les locaux du diffuseur même avec son propre matériel ;
• de rendre des comptes et subir des contrôles ;
• d’intégrer l’organisation interne (réunions, email professionnel, chef de projet, etc.) ;
• d’effectuer les mêmes tâches qu’un salarié existant ou remplacé.

Le simple fait que le contrat ne mentionne pas explicitement un lien de subordination n’exclut pas une requalification : c’est la réalité de la relation qui prime.

Requalifier la relation en contrat de travail

Quelles conséquence pour le diffuseur/employeur?

En cas de requalification :
• Obligation de verser au créateur·ice des rémunérations et indemnités (heures supplémentaires, congés, indemnité de licenciement).
• Paiement rétroactif des cotisations sociales et patronales.
• Versement d’indemnités pour préjudices éventuels.
• Risques de sanctions pénales : retrait des aides publiques, fermeture administrative, prison, et amende pouvant atteindre 225 000 €.

Conséquences pour l’artiste-auteur·ice?

• L’artiste-auteur·ice ne risque aucune sanction pénale

Délais pour agir

La requalification peut être demandée devant le Conseil de prud’hommes :
3 ans pour les salaires, 1 an pour les ruptures du lien de travail, 2 ans pour les conditions d’exécution du contrat.

RSA / ASS ?

Une alternative au RSA pour les artistes-auteur·ices : l'Allocation de Solidarité Spécifique ASS "spécifique Artiste-Auteur".

En attendant la continuité de revenus et afin d’éviter la réforme du RSA (et ces 15h d'activités que le syndicat dénonce fermement), les artistes-auteur·ices (AA) peuvent demander l'Allocation de Solidarité Spécifique (ASS).
Comme pour l’Allocation de Retour à l’Emploi (ARE), son montant varie selon le nombre de jours dans le mois. Concrètement, l’allocation oscille entre 579,90 et 599,23 € par mois (excepté pour le mois de février). Elle s’adresse principalement aux personnes en fin de droits au chômage et contrairement à ce que pensent de nombreux conseiller·ères de France Travail, les artistes-auteur·ices (non salarié·es) peuvent également en
bénéficier
, quel que soit leur contexte : après une activité salariée mais aussi dès le premier euro de revenu en tant qu’artiste-auteur·ice.

👁️‍🗨️ LA FICHE EXPLICATIVE 🩹

Voici une fiche claire et complète pour vous aider à faire votre demande d’ASS, avec tous les justificatifs nécessaires (conditions, texte de lois...) et une petite FAQ pour répondre à vos questions.

Pour les artistes-auteur·ices d’oeuvres, l'ASS est réputée satisfaite lorsqu’ils justifient de leur affiliation au régime général de la Sécurité sociale, conformément au titre V du livre VI du code de la Sécurité sociale.
Les artistes-auteur·ices ne sont donc pas concerné·es par les modalités fixées au 1° de l’article R. 5423-1, à savoir de la nécessité de justifier de cinq ans d’activité salariée durant les dix dernières années.
Ce dispositif présente plusieurs avantages par rapport au Revenu de Solidarité Active (RSA) :
Meilleure prise en compte des revenus : l'ASS permet de cumuler ces revenus d'auteur avec l'allocation, contrairement au RSA qui les déduit, et ce tant qu'un certain seuil n'est pas dépassé. L'Allocation de Solidarité Spécifique (ASS) permet également de valider des trimestres pour la retraite.
Allègement administratif : les démarches liées à l'ASS sont moins contraignantes que celles du RSA.

Un conseil → pour effectuer la demande d'ASS spécifique Artiste-Auteur. L'idéal est de l'effectuer directement sur son espace en ligne France Travail en envoyant tous les documents demandés dématérialisés (numérisés) accompagné du formulaire (même si il n'est pas adapté aux artistes-auteurices). Il reste une trace pour le suivi de votre dossier et pour éventuellement faire une réclamation en cas de refus (parce que ça arrive souvent).


👁️‍🗨️ source de France Travail → JE SUIS ARTISTE-AUTEUR

Il ne faut rien lâcher et rester tenace !

Pourquoi moduler à l'Urssaf ?

Les bases de la modulation sur mon compte Urssaf !

La modulation des cotisations sur le compte en ligne de l'Urssaf est importante pour plusieurs raisons :
1/ Elle permet d'ajuster le montant de tes cotisations provisionnelles en fonction de tes revenus réels.
2/ Cela évite de payer trop ou pas assez de cotisations par rapport à ta situation financière actuelle.
3/ Sans modulation, l'Urssaf calcule les cotisations sur la base des revenus de l'année précédente, ce qui peut ne pas refléter ta réalité actuelle.
4/ 🚨 Pour les nouveaux artistes-auteur·ices, la modulation permet d'éviter de payer des cotisations forfaitaires élevées basées sur 600 fois le SMIC horaire. Donc un conseil, modules dès que tu peux à 0 (en début d'activité ou au plus juste de tes revenus artistiques chaque trimestre).
5/ Elle offre une meilleure gestion de ta trésorerie en permettant d'adapter les paiements à la situation financière réelle. (mais pour cela il faut être assidu·e et bien noter les dates de modulation ↓)
6/ Elle réduit le risque de devoir payer un complément important lors de la régularisation annuelle, ou d'attendre longtemps pour un remboursement en cas de trop-perçu.

En résumé, la modulation te permet d'avoir un meilleur contrôle sur tes cotisations sociales, en les alignant au plus près de ta situation financière réelle.

DATES de MODULATION À RETENIR !

Avant le 31 décembre N-1 ► PRISE EN COMPTE : 1er trimestre N (date réglementaire au 15 janvier N)
Avant le 31 mars N ► PRISE EN COMPTE : 2ème trimestre N (date réglementaire au 15 avril N)
Avant le 30 juin N ► PRISE COMPTE : 3ème trimestre N (date réglementaire au 15 juillet N)
Avant le 30 septembre N ► PRISE EN COMPTE : 4ème trimestre N (date réglementaire au 15 octobre N)

COMMENT ?

Pour moduler chaque trimestre sur ton espace en ligne de l'Urssaf → c'est dans la rubrique "Cotisations et paiements" puis "Modulation des cotisations".

Cellule d’écoute psychologique et juridique de lutte contre les VSS

Cellule d’écoute psychologique et juridique contre les violences sexistes et sexuelles

Un outil essentiel pour toutes et tous les professionnel·les de la culture y compris les artistes auteur·ices !

Les mobilisations féministes — #MeToo, #MusicToo, #MeTooThéâtre — ont libéré une parole longtemps étouffée. Face à l’ampleur des violences sexistes et sexuelles dans nos métiers, une Cellule d’écoute dédiée a été créée en 2020. Elle est le fruit d’un accord entre organisations syndicales et représentants patronaux pour faire avancer l’égalité femmes-hommes et combattre concrètement les violences dans les secteurs du spectacle vivant, de l’audiovisuel et du cinéma.

Depuis, le dispositif s’est renforcé et s’adresse désormais à l’ensemble des professionnel·les de la culture, y compris les artistes auteur·ices.


Pour qui ?

La cellule accompagne toutes et tous les professionnel·les :
• spectacle vivant et enregistré
• audiovisuel, musique, cinéma
• jeu vidéo, arts visuels, édition, espaces de loisirs

Sont concerné·es :
• salarié·es permanent·es
• intermittent·es
• artistes-auteur·ices

Les témoins et les référent·es VHSS peuvent également solliciter la cellule pour être accompagnés.


Pourquoi appeler ?

Parce que personne ne doit rester seul·e face :
• au harcèlement sexuel
• aux violences sexistes
• aux agressions
• aux représailles ou situations de sidération au travail

La cellule offre une écoute bienveillante, anonyme et gratuite, assurée par des psychologues et des avocats spécialisés. Elle vous oriente, vous informe sur vos droits et vous accompagne en sécurité.


Comment contacter la cellule ?

📞 01 87 20 30 90
Du lundi au vendredi
9h–13h / 14h–20h
Appel gratuit et anonyme

📧 violences-sexuelles-culture@audiens.org

Vous serez rappelé·e au plus tard le jour ouvré suivant.

Site de la cellule


Qui porte la cellule ?

La cellule est opérée par Audiens et portée par :
• La FESAC (organisations d’employeurs du spectacle)
• Les organisations syndicales : CGT Spectacle, CFDT Communication Conseil Culture, CFE-CGC, CFTC Média+, FASAP-FO
• Avec le soutien du ministère de la Culture et de nombreux organismes professionnels : CNC, CND, CNL, CNM, SNJV, SELL, Adami, SACD, SACEM, SCAM, SNE, SNELAC
Un dispositif collectif, paritaire, construit par la mobilisation de notre secteur.

La Cotisation Foncière des Entreprises CFE ?

Extension de l'exonération relative à la Cotisation Foncière des Entreprises CFE pour les artistes-auteur·ices !

L'exonération de la cotisation foncière des entreprises a été étendue à de nouvelles catégories d'artistes-auteur·ices dans le cadre de la LOI n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 de finances pour 2024.

Ainsi, l'article 1460 du code général des impôts (CGI), qui prévoit cette exonération, a été réécrit de sorte à inclure certaines activités de création qui n’étaient auparavant pas mentionnées dans cet article, telles que les activités des auteur·ices d'œuvres audiovisuelles (à l'exception des réalisateur·ices) et des auteur·ices d'œuvres radiophoniques.

Au-delà de l’extension de l’exonération que cette réécriture permet, la nouvelle rédaction de l’article 1460 apporte des clarifications et précisions, notamment en opérant un renvoi vers le code de la sécurité sociale (art. L. 382-1) et vers le code de la propriété intellectuelle (art. L. 113-7 et L. 113-8).
Il s’agit donc d’une avancée importante pour l’ensemble des artistes-auteur·ices.

Vous trouverez ci-dessous une comparaison entre les deux versions de cet article :

Précédente écriture de l'article 1460 du CGI :
« Sont exonérés de la cotisation foncière des entreprises :
Les peintres, sculpteurs, graveurs et dessinateurs considérés comme artistes et ne vendant que le produit de leur art
2°bis Les photographes auteurs, pour leur activité relative à la réalisation de prises de vues et à la cession de leurs oeuvres d'art au sens de l'article 278 septies et du I de l'article 278-0 bis ou de droits mentionnés au g de l'article 279 et portant sur leurs oeuvres photographiques
Les auteurs et compositeurs, les professeurs de lettres, sciences et arts d'agrément, les instituteurs primaires »

Nouvelle écriture de l'article 1460 du CGI en vigueur
en rouge, les modifications et ajouts effectués
« Sont exonérés de la cotisation foncière des entreprises :
(...)
Les peintres, sculpteurs, graveurs et dessinateurs considérés comme artistes auteurs d’œuvres graphiques et plastiques mentionnés à l’article L. 382-1 du code de la sécurité sociale et ne vendant que le produit de leur art
bis Les photographes auteurs, pour leur activité relative à la réalisation de prises de vues et à la cession de leurs oeuvres d'art au sens de l'article 278 septies et du I de l'article 278-0 bis ou de droits mentionnés au g de l'article 279 et portant sur leurs oeuvres photographiques
Les auteurs d’œuvres littéraires et dramatiques, musicales et chorégraphiques, mentionnés à l’article L. 382-1 du code de la sécurité sociale, à l’exception des auteurs de logiciels, ainsi que les coauteurs d’une œuvre audiovisuelle réalisée en collaboration mentionnés aux 1° à 4° de l’article L. 113-7 du code de la propriété intellectuelle et les auteurs d’une œuvre radiophonique mentionnés à l’article L. 113-8 du même code, les professeurs de lettres, sciences et arts d'agrément, les instituteurs primaires »