Lettre ouverte du 19/11/20 !

Madame la Ministre de la Culture,
Monsieur le Président de la République,

Les engagements pris face aux français ont-ils si peu de valeur qu’ils ne sont jamais appliqués, qu’ils ne sont que des effets d’annonce ?
Les artistes-auteur.trices n’ont-ils si peu d’importance à vos yeux que vous pouvez les précipiter vers le naufrage économique ?

Le 6 novembre, le Président de la République annonçait, dans le cadre du reconfinement, que les indépendant.es se voyaient exonérés de cotisations sociales (1)(2). Nous avons ensuite passé près de deux semaines à interroger nos ministères de tutelle pour en avoir confirmation. Silence.

Ce jeudi 19 novembre, l’ACCOS nous relayait un message de l’URSSAF nous informant que nos cotisations étaient reportées (3). Bien que n’étant pas des auteurs de l’écrit, nous avons quelques notions de sémantique.

UN REPORT N'EST PAS UNE EXONÉRATION.

Si, pour notre part, nous demandions une prise en charge (qui permet d’ouvrir des droits à la protection sociale), cette exonération promise devait permettre de ne pas aggraver un processus d’endettement des artistes-auteurs. Finalement, l’endettement arrivera bien, plus tard…

Nous ne sommes certes que 300 000. Peut être sommes-nous quantité négligeable à l’échelle de la gestion qui vous incombe mais nous créons l’émotion qui ensuite est partagée dans nos théâtres, nos librairies, nos salles de concert, nos cirques, nos musées, galeries et salles d’expositions à la rencontre de leurs publics.

Comme vous l’aurez peut être remarqué, nous ne sollicitons aucun privilège au titre de la reconnaissance symbolique qui est la nôtre et dont nous devons trop souvent nous satisfaire à défaut d’une rémunération digne de notre travail.

Nous ne demandons que la tenue des engagements, que les artistes-auteur.trices soient traité.es comme les autres travailleurs indépendants.

Le syndicat national des artistes plasticiens CGT - SNAPcgt
dessin • Bruno Charzat

Nos sources

(1) Sur le site de l'Elysée
Si vous êtes une entreprise de l'hôtellerie restauration, du tourisme, de l'événementiel, de la culture ou du sport et que votre chiffre d’affaires baisse de plus de 50% :
→ vous pouvez bénéficier d’une aide allant jusqu’à 10 000€/mois ;
→ vous êtes exonéré de charges sociales.

(2) Sur le site du gouvernement
*Comment bénéficier d'une exonération de cotisations sociales ?
Dispositif mis en place pour les entreprises dans le cadre du reconfinement.
À la suite du reconfinement, le dispositif d'exonération de cotisations sociales mis en place pour le couvre feu est renforcé et élargi :
→ aux entreprises de moins de 50 salariés faisant l’objet d’une fermeture administrative,
→ aux autres entreprises de moins de 250 salariés faisant partie des secteurs les plus affectés (hôtellerie, café, restaurants, tourisme, évènementiel, culture et sport) ou dont l’activité en dépend, qui subissent sur la période concernée une baisse d’activité d’au moins 50 %, quel que soit leur lieu d'implantation géographique.

(3) Cet élargissement bénéficiera également aux travailleurs indépendants concernés.*

Lettre ouverte du 13/10/20 !

Que faire quand dans la cave, il n’y a que des miettes, plus de fromage, ni de jambon ?

Le non regretté ministre de la culture Franck Riester, a présenté pendant le confinement un “dispositif de soutient combiné” assez ridicule pour les artistes-auteur·rices.
Avoisinant finalement les 2 millions d’euros (1 960 989 € pour être précis), il était abondé à peu près de moitié par le ministère et de l’autre par les sociétés d’auteur·rices (donc par de l’argent destiné aux artistes-auteur·rices ainsi qu’à l’action culturelle).
Ce que ce gouvernement donne d’une main, il le reprend de l’autre.

Sur France Inter, Franck Riester présentait cette aide comme un geste fort, mais si on rapporte l’enveloppe globale à l’ensemble des artistes-auteur·rices des arts visuels, on tombe, après réabondement, à 31,44€ d’aide par artistes pour toute la crise qui est loin d’être finie…
Pas très généreux pour une population qui n’a pas droit au chômage et a souvent vu ses emplois “alimentaires” annulés pendant le confinement.

Mais faute de communication et de budget, ce “geste fort” n’a bénéficié qu’à 1 267 artistes sur les 62 365 répertorié·es par la Maison des Artistes en 2018. De plus ces aides étaient sous condition.

Une vraie loterie.

Pas mieux concernant les promesses du Président sur l’exonération de cotisation sociale. On s’attendait au pire et nous n’avons pas été déçus. En effet, si une aide par tranche a bien été mise en place elle exclut toutes celles et ceux qui sont en dessous de 3000€ par an, sachant que cela représente près de la moitié des artistes auteur·rices. On aide tout le monde sauf les plus pauvres. Le SNAPcgt milite depuis le début pour une exonération avec ouverture de droits.

L’accès au “fonds d’aide aux entreprises fragilisées par la Covid-19”, est aussi une forme de loterie pour nos secteurs. En effet, nos paiements sont très souvent décalés par rapport à la production de nos œuvres. Jusqu’à une année, parfois plus. La temporalité du calcul de l’aide n’a pas été adaptée à nos métiers. Si son année 2019 était une année de production et 2020 une année d’exposition (annulée), l’artiste se trouve doublement pénalisé, surtout si son…..
Nous avons proposé une aide plancher au SMIC pour tous-tes les artistes auteur·rices, plafonnée à 3 SMIC pour les artistes ayant des charges importantes (loyer d’atelier, commandes en cours, salaires d’assistants…) en fonction de leurs derniers chiffres d’affaires connus, ceux de 2018. Et, cerise sur le gâteau, cette aide est déductible des droits sociaux acquis par nos cotisations…

Quant au plan de relance, sur les 2 milliards d’euros à la culture, seuls 6 millions d’euros seraient destinés aux arts visuels, soit 3,5% du montant global.
Quand le monde d’après a un gros goût d’avant…

100 balles par artiste, une claque sur le cul et au lit !

8 propositions du 11/06/20

Artistes-Auteur·rices !

Voici 8 Préconisations urgentes en collaboration avec d'autres associations et syndicats d'artistes-auteur·rices surlignée en rouge de nos commentaires
► !!

Elles sont également visibles sur notre page facebook !

Lettre du 15/04/20

LE MINISTÈRE DE LA CULTURE VIENT PRENDRE L’ARGENT DANS LA POCHE DES AUTEUR·ICES POUR LE DONNER AUX AUTEUR·ICES…

… Pas directement, certes.

Comme l’avait annoncé le ministre de la Culture, l’État a assoupli les règles d’utilisation du « quart copie privé » afin qu’il puisse abonder les lignes budgétaires bien maigrichonnes qu’il a peine à rendre crédible (500 000 euros pour soit 7,70 € par auteur….).
Cet argent (25% des droits d’auteurs collectifs) est normalement redistribué par les sociétés d’auteurs pour financer la formation professionnelle et de très nombreuses manifestations artistiques.

En demandant aux Sociétés d’auteurs d’en utiliser une partie vers l’action sociale, le gouvernement vide les caisses qui devaient, entre autre, permettre de relancer nos activités : expositions, festivals, publications…

De plus, faute d’activité et de diffusion, il est probable que les perceptions de droits soient plus faibles pendant au moins une année après le dé-confinement. Il y aura donc moins de droits et moins de financements…

Enfin, les sociétés d’auteurs ayant maintenu leurs aides aux événements annulés (notamment pour permettre la rémunération des auteurs), il n’y a pas beaucoup d’argent à récupérer…
Saif et ADAGP vont contribuer à hauteur de 800 000 euros. C’est à dire plus que le montant de la contribution de l’État, ce qui montre bien le caractère indécent de cette dernière.

Rappelons tout de même que l’Allemagne a débloqué 50 milliards pour la Culture et que chaque auteur qui en fait la demande perçoit entre 5 000 et 9 000 € en moins de 24H…